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Musée national de Port-Royal des Champs

www.port-royal-des-champs.eu

Le musée national de Port-Royal des Champs est situé dans le département des Yvelines, près de Paris, sur la commune de Magny-les-Hameaux, laquelle appartient, à la fois, à la communauté d’agglomération de Saint-Quentin en Yvelines et au parc naturel régional de la Haute-vallée de Chevreuse.

Le musée comprend deux sites : celui des Granges, sur le plateau et la pente abrupte descendant vers le chemin Jean-Racine, et celui de l’Abbaye, au fond de la vallée sur la rive nord du Rhodon, petite rivière se jetant dans l’Yvette. Le site des Granges est construit autour d’une ferme typique du Hurepoix dont les bâtiments, du XVe au XIXe siècles, abritent les collections du musée ; un verger, une vigne pré-phylloxérique des jardins d’utilité complètent les espaces visitables, d’une quinzaine d’hectares. Le site de l’Abbaye abrite les ruines de l’église et des bâtiments monastiques, un pigeonnier et un musée-oratoire (fin XIXe siècle), ainsi que des jardins d’utilité et un rucher.

Comme tout site monastique, conformément aux règles et traditions en vigueur dans les ordres bénédictin et cistercien, l’abbaye de Port-Royal des Champs possédait et entretenait, probablement dès sa fondation au XIIIe siècle, plusieurs parcelles de jardins dits « utilitaires ». Ces espaces de production horticole répondaient aux besoins élémentaires de la communauté : se nourrir, se soigner, embellir l’église et les espaces consacrés. Chaque jardin avait une fonction et une localisation bien définie : le jardin potager, dit souvent Hortus Magnus ou « Grand Jardin », à proximité des cuisines et du réfectoire ; le jardin médicinal, ou Herbularius, à proximité de l’infirmerie et de l’apothicairerie ; ou encore le jardin bouquetier, parfois aussi dénommé « Jardin de l’abbesse », dédié au fleurissement liturgique, souvent accolé aux bâtiments conventuels.

Même si on connaît encore mal l’histoire médiévale du monastère, il semble que, dans le domaine du jardin, le XVIIe siècle constitue pour Port-Royal des Champs une forme d’apogée. Dès sa réforme religieuse, la Mère Angélique Arnauld s’attela à rétablir les jardins communautaires et la pratique quotidienne des travaux de la terre, selon les modèles primitifs des Pères cisterciens. Les jardins du monastère s’agrandirent progressivement entre 1610 et 1670, jusqu’à s’étendre sur plusieurs hectares à l’intérieur de l’enceinte monastique, suivant en cela l’accroissement rapide.

Mais, au-delà de la pratique monastique traditionnelle, Port-Royal des Champs s’affirma aussi comme l’un des hauts lieux d’expérimentation et de naissance de l’horticulture moderne, autour des travaux fondateurs du savant Solitaire Robert Arnauld d’Andilly et de la communauté laborieuse des « bienheureux jardiniers ». Cette expérience horticole remarquable se développa aux abords immédiats du monastère, sur les hauteurs de la colline des Granges, dans la ferme du même nom.

C’est peu après son arrivée en retraite à Port-Royal des Champs, entre 1646 et 1648, qu’Arnauld d’Andilly se lance dans la création du verger des Granges, sous les fenêtres des logis des Solitaires et des Petites Écoles. Cette réalisation constitue son grand chef d’œuvre horticole : un « jardin vitrine » où furent expérimentées et perfectionnées les dernières techniques horticoles de fertilisation, d’hydraulique, de greffe ou d’espalier, et où de nouvelles variétés de poires, pêches et pavies furent acclimatées. On peut dès lors mieux comprendre l’admiration de membres de la Cour de la reine régente Anne d’Autriche lorsqu’au milieu du siècle leur arrivaient les paniers de « fruits monstres » de Port-Royal. On peut aussi entendre, à l’autre versant du Grand Siècle, les mots de La Quintinie, le maître jardinier de Louis XIV en son Potager du Roi à Versailles, lorsqu’il évoque dans ses traités la mémoire de Robert Arnauld d’Andilly et de ses créations variétales : un hommage appuyé à « l’illustre père de tous les honnêtes jardiniers ».

L’expérience horticole constitue encore de nos jours une des composantes importantes de la vie et de l’activité du lieu : un moyen simple d’approcher la richesse exceptionnelle du patrimoine de Port-Royal des Champs par « la porte du jardin ». Un ensemble de jardins pédagogiques et d’évocation a été créé sur les deux sites avec l’aide des acteurs locaux du monde associatif, des réseaux éducatifs et médicaux. Outre son rôle nourricier, les jardins utilitaires ont un rôle d’évocation de l’histoire de l’abbaye et une vocation pédagogique et thérapeutique. Ces jardins accueillent les visiteurs du musée, le public scolaire, les patients de l’institut Marcel Rivière de La Verrière ainsi que des artistes.

En 1999 une opération d’envergure menée par le Ministère de la Culture, avec l’aide de mécénats d’entreprises, a permis de reconstituer le verger historique des Granges dans sa forme du XVIIe siècle. Ce dernier est actuellement entretenu par les bénévoles de l’association des Amis du dehors, en lien avec les réseaux référents des Croqueurs de Pommes et du Potager du Roi à Versailles. Une vigne pré-phylloxérique a été replantée en 2010 sur les coteaux des Granges et est entretenue par l’association Les amis de Port-Royal des Champs qui anime également des jardins de simples avec des enfants en classe SEGPA. Un jardin médicinal et un rucher ont été créés par l’Association pour le rayonnement de Port-Royal des Champs qui en assure l’entretien et sa valorisation auprès des enfants des environs.